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Nouvelle édition n° 30 du magazine Agadir o’flla-janvier 2015

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Nouvelle édition n° 30 du magazine Agadir o’flla-janvier 2015

mag o'flla n°30-2015Editorial

La mort était au rendez-vous!

Les événements des deux politiciens marocains morts au même endroit à quelques jours d’interval m’interpellent et suscitent en moi des réflextions sur la mort et la démocratie. La première est une question: Pourquoi l’un est-il mort sous le pont et l’autre dessus. L’un asphyxié dans son véhicule et l’autre fauché par le train passant à cette heure-là ? En effet, la mort est par nature une fin attendue ou inattendue, une délivrance parfois, mais surtout une rupture inévitable du cour de la vie que tout être humain quel qu’il soit, subit. C’est à mon avis, la situation la plus démocratique qui puisse exister lorsqu’elle est naturelle. Dans les événements dont il est question ici, nous constatons que dans ces deux décès accidentels, la mort a emporté deux être sans considération sociale, politique, ou religieuse. Certains diront,” c’était la volonté de Dieu …” Peut-être ? Mais on ne peut imputer à Dieu toutes les morts de cette terre. Elles sont malheureusement très souvent dues à la cruauté, l’ignorance, la négligence, l’imprévoyance ou la cupidité des responsables de tous poils et ceux qui se disent, agissant au nom de Dieu, sont des lâches qui se cachent derrière des idéologies pour mieux assouvir leurs bas instincts. Cependant cette mésaventure de deux politiciens, l’un appartenant à l’USFP “, le député Ahmed Zaïdi” et l’autre au PJD, ministre d’Etat “Abdellah Baha”, deux membres de deux partis à l’idéologie opposée, a fait que la mort leur avait donné rendez-vous au même endroit. C’est deux personnes responsables, supposées être bien éduquées, informées, cultivées, se sont fait tuer bêtement dans des circonstances ridicules. Ahmed Zaïdi noyé enfermé dans sa voiture au système électronique bloqué et le Ministre d’Etat du gouvernement de Benkiran, voulant se rendre incognito sur le lieu où le député USFP était décédé, en marchant sur la voie férrée interdite au public, tout en se cachant, d’après le conducteur du train seul témoin, sous le capuchon de son survêtement, ce qui l’empêcha d’entendre le train arriver et qui le tua. Toutefois, quand j’ai vu l’enterrement réservé au ministre d’Etat, je me suis posé la 2ème question, celle de savoir ce qu’il avait fait de bien pour mériter un tel enterrement. Le chef de l’éxécutif a bien avoué qu’il a “perdu son âme” avec la mort de Baha. Que reste-il aux Marocains? Qu’ont-ils à attendre d’une primature sans âme? Il était décédé après tout, à cause de son attitude irresponsable et hors la loi … Et quand j’ai vu le 1er ministre Benkiran et le maire d’Agadir, pleurer la mort de leurs amis, je me suis demandé combien de larmes ils avaient versées pour les victimes des inondations ? Alors que ces pauvres gens ont été bien souvent victimes de l’imprévoyance, du non respect des mises en garde, des mauvaises gestions du territoire et de la cupidité qui prévaut partout avec la bénédiction de ces politiciens. Le Maroc vient encore de vivre un épisode bien peu glorieux de sa saga.

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