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Nouvelle édition Agadir o’flla N° 32 juillet 2015

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Nouvelle édition Agadir o’flla N° 32 juillet 2015

Editorial

coverture recto agadir o'flla 32 finalVoilà que la jupe Fait à nouveau parler d’elle.

Dans l’Antiquité, les Romains et les Grecs portaient des habits semblables à des jupes, tels la tunique pour les hommes, ou le chiton pour les femmes. La jupe a souvent été portée par les hommes (pagne égyptien, tunique romaine,…). Elle est portée de nos jours dans les pays comme l’Indonésie (sarong) et l’Écosse (kilt) mais a disparu dans de nombreux pays. La garde présidentielle grecque la porte encore. La jupe revient progressivement dans la garde-robe masculine, apparaissant dans les collections hommes de grands stylistes et couturiers, comme pour le port du pantalon par les femmes. La célèbre écrivaine anglaise Virginia Wolf (1882-1941) aurait dit à ce propos au début du XXème siècle: «Il n’y a pas de différence entre les hommes et les femmes», ils sont tous égaux. Le port de la jupe par les hommes est aujourd’hui encore source de préjugés (homosexualité, travesti). Si pour la femme le pantalon est plus pratique pour faire de l’équitation ou du trekking en montagne ou en forêt, la jupe est certainement beaucoup plus adaptée à la promenade en ville en été. Elle est portée partout et à toutes les époques. En Europe une journée lui est consacrée en réaction à des événements discriminatoires provoqués par des intégristes. Et en 2008 le très beau film de Jean-Paul Lilienfeld relate le tragique événement qui se déroula dans un lycée français. La minijupe (ou mini-jupe) est une jupe très courte, droite ou plissée, « dont la longueur ne doit pas excéder 10 cm sous les fesses pour mériter cette appellation ». On distingue également la micro-jupe, qui est encore plus courte et dont l’ourlet se situe juste en dessous des fesses. La minijupe, présente dans de nombreuses sociétés minoritaires d’Asie, fut introduite en Europe par la styliste anglaise Mary Quant en 1962, a été très vite popularisée dans le monde occidental. Devenue un des symboles de la libération de la femme, la minijupe fut l’une des manifestations de l’évolution des mœurs vestimentaires féminines. Mais la mini jupe n’a pas été aussi facilement acceptée par tous, comme les cheveux longs des hommes au début des années 60, notamment les conservateurs, dont l’église catholique, qui critiquèrent vivement cette manière de s’habiller jugée ostentatoire et impudique, mais elle s’imposa malgré tout et fut tolérée dans le monde contemporain. Et voilà que 55ans plus tard, la jupe fait parler d’elle dans notre pays, d’une culture certes différente de celle de l’Europe. La femme chez nous, essaie tant bien que mal au prix d’emprisonnement, d’avoir les mêmes droits que les hommes, et de se faire respecter en toute dignité humaine dans un monde qui se conjugue encore hélas au masculin. Le tollé qu’à soulevé la jupe à Inezgane augure-t-il d’un espoir d’émancipation pour la femme marocaine et ensuite pour toutes les femmes opprimées?

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